Depuis son accession à l’indépendance en 1960, la République démocratique du Congo a traversé plusieurs périodes marquées par des bouleversements politiques, économiques et sociaux.
De l’ancien Congo au Zaïre, puis à la RDC actuelle, le pays a connu des trajectoires contrastées. Mais quel bilan peut-on dresser aujourd’hui sur le plan économique ?
Le pays a-t-il réellement progressé depuis 1960 ?
Les performances économiques observées ces dernières années traduisent-elles une véritable transformation ou un simple rattrapage ?
Autant de questions qui alimentent le débat public.
Si la population exprime régulièrement ses attentes et ses préoccupations face au coût de la vie, à l’emploi ou encore au pouvoir d’achat, l’analyse des données macroéconomiques permet d’apporter un autre éclairage.
Invité de SAISON+, le professeur Godé Mpoyi, économiste, spécialiste des finances publiques et enseignant d’université, revient sur l’évolution de l’économie congolaise depuis l’indépendance.
Selon lui, les indicateurs économiques montrent une progression significative sur le long terme.
« En 1960, la RDC affichait un produit intérieur brut (PIB) de 3,4 milliards de dollars pour une population d’environ 15 millions d’habitants. En 1965, le PIB atteignait près de 4 milliards de dollars, mais le pays sortait d’une période de chaos politique et les progrès restaient limités. »
Le professeur rappelle qu’après plusieurs décennies de difficultés économiques, une reprise s’est progressivement amorcée au début des années 2000.
« En 2018, le PIB était estimé à 46,9 milliards de dollars pour une population de 84 millions d’habitants, avec un revenu par habitant d’environ 580 dollars. Selon les statistiques disponibles pour 2025, le PIB atteint désormais près de 92 milliards de dollars pour une population estimée à 112 millions d’habitants, soit un revenu par habitant de 821 dollars. »
Pour l’économiste, cette évolution traduit une accélération de l’activité économique.
« La reprise a véritablement commencé autour de 2002. Au cours des sept dernières années, le PIB a doublé, ce qui constitue, selon moi, une performance inédite. »
S’appuyant sur les projections du Fonds monétaire international (FMI), il estime que cette dynamique pourrait se poursuivre.
« Les projections du FMI indiquent qu’en 2026, le PIB de la RDC pourrait avoisiner 124 milliards de dollars. Si cette tendance se confirme, le pays pourrait progressivement se rapprocher de la catégorie des économies à revenu intermédiaire. »
Le professeur Godé Mpoyi rappelle toutefois que l’histoire économique du pays a connu plusieurs phases.
« Après certaines performances enregistrées entre 1965 et 1967, l’économie congolaise est entrée dans une longue période de déclin à partir des années 1970. Ce n’est qu’au début des années 2000 que la reprise s’est amorcée, avant de s’accélérer ces dernières années. »
Tout en reconnaissant les défis qui demeurent, notamment en matière de création d’emplois, de diversification de l’économie et d’amélioration des conditions de vie de la population, l’universitaire estime que les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une évolution positive.
« L’économie repose avant tout sur des chiffres. Beaucoup d’efforts restent à fournir, mais les statistiques permettent de mesurer objectivement les progrès réalisés », conclut-il.



